Pour une réforme de l'apprentissage musical à Paris


Bienvenue sur le site du collectif "Parents pour la musique" !


Notre objectif est de mobiliser les élus de la Ville de Paris pour que l'apprentissage de la musique soit rendu plus accessible aux enfants.


Sur ce site, nous rassemblons témoignages, articles et propositions en ce sens.

Nous proposons des actions concrètes, comme par exemple le projet "Un piano dans chaque école" dans le cadre du budget participatif 2015.


Rejoignez nous, pour que l'apprentissage de la musique soit ouvert à tous les enfants, épanouissant et source de talent !

lundi 24 novembre 2014

Un enseignement austère et décourageant

L’attente pour le choix d’un instrument

A l'entrée au conservatoire, il faut attendre une à deux années avant de pouvoir pratiquer un instrument, plus encore pour le piano ou la guitare.

Voici une annonce affichée dans le hall du conservatoire :

 La fable de la mère frustrée

Face à une assistance de parents inquiets de savoir si leur enfant pourrait obtenir l'instrument de leur choix, voici ce que se plaît à raconter le directeur d'un CMA de l'est parisien : 
" J'ai connu une mère, « frustrée de ne pas avoir fait de la flûte traversière étant jeune » (sic), qui s’était mis en tête d’en imposer l’apprentissage à son enfant. Après quelques temps, le gamin rétif à ce noble instrument, pour contrer l’obstination de sa mère, ne trouva rien de mieux à faire que d’en retourner méticuleusement chacune des clés, le métamorphosant ainsi en œuvre d’art digne de César - plastiquement admirable, musicalement impraticable. La pauvre femme éplorée contemplant l'objet de ce sabotage sacrilège, vint se prosterner devant moi, promettant de réparer les dégâts et suppliant de donner une seconde chance à sa progéniture. Las, elle méconnaissait ostensiblement le désir de son enfant : celui-ci voulait jouer du piano. Heureusement, dans ma grande clairvoyance, je l’avais compris et lui proposai magnanimement et immédiatement une place en cours de piano."

L’histoire ne dit pas si le directeur en question l’éleva au niveau d’Alfred Cortot, mais l’avoir sauvé du martyr maternel était déjà une gloire méritoire.
Moralité : pour échapper aux trois ans d'attente avant de faire du piano, prenez l'air revêche de vouloir imposer le tuba à votre enfant (il y a toujours de la place pour le tuba), puis munissez-vous d'une pince et d'un marteau...

Une « évaporation » affligeante

De nombreux enfants, découragés et démotivés, abandonnent le conservatoire très rapidement.

« On constate une « évaporation » (sic) des élèves en classes d’instrument de 49 % dès le 2ème cycle et de 60 % en 3ème cycle. »


Ci-dessous, parmi d'autres, quelques articles et rapports sur les raisons de cet échec :



Propositions pour moins décourager les enfants :

  • Adapter l'offre d'instruments aux demandes des enfants et non l'inverse.
  • Permettre aux enfants de commencer simultanément formation musicale et pratique instrumentale.
  • Permettre aux amateurs de choisir les disciplines qu'ils veulent suivre.
  • Diminuer la fréquence et l'enjeu des évaluations.
  • Rendre les examens facultatifs pour les amateurs.

dimanche 23 novembre 2014

Les conservatoires toujours aussi élitistes

Un élitisme assumé et revendiqué


Les conservatoires ont été créés en 1795 pour former des musiciens professionnels. Malgré l'évolution des attentes, ils continuent à privilégier la formation d'excellence de quelques-uns et à négliger l'apprentissage de la musique ouvert aux enfants.

« Nous avons tous le souci de maintenir une certaine qualité d’enseignement dont nous restons les garants envers et contre tout et de marquer ainsi notre refus de voir l’enseignement artistique français se déliter progressivement au profit d’une pseudo-démocratisation de cet enseignement ». 

(Martine ANDRE - présidente de l'Union Nationale des Directeurs de Conservatoire)

L'exception culturelle parisienne


Partout en France, les élèves qui souhaitent devenir professionnels sont formés dans les conservatoires régionaux (CRR). A Paris, par dérogation, ces élèves peuvent passer le Diplôme d’Enseignement Musical auprès du CRR tout en suivant leur formation dans les conservatoires municipaux (CMA). Cette situation conduit les CMA à dédier plus de moyens à ces formations diplômantes, plus valorisantes, au détriment des moyens consacrés aux enfants et aux amateurs.

L'école tenue à l'écart


Selon le Conseil économique, social et environnemental régional d’Ile de France (à lire avec concentration !) :

« Sous la tutelle du ministère de la Culture et de la communication, la France a développé depuis longtemps un réseau public d’enseignement initial [les conservatoires] particulièrement dense, parallèlement aux enseignements artistiques relevant de l’enseignement général dispensé par l’Éducation nationale, au point que l’on peut se demander si l’existence de ce réseau ne justifie pas la faiblesse reconnue de la prise en charge des enseignements artistiques par l’École. »

L'institution intouchable...


Commandé par Frédéric Mitterrand, ce rapport dénonce l'élitisme des conservatoires : 

« Je pense qu’il faut aujourd’hui passer outre ces principes discriminatoires car dans le fond, qu’elle soit populaire ou savante, la musique est un outil de communication universel et égalitaire. » 


http://mediatheque.cite-musique.fr/mediacomposite/cim/_Pdf/10_RapportLockwood.pdf


Les réactions ulcérées à ce rapport sont édifiantes (accrochez-vous, c'est du lourd !) :

Faut-il fermer les conservatoires ?


Réduire le financement public des conservatoires, c’est regrettable. Malheureusement, à voir comment ils restent hermétiques aux attentes des citoyens (au demeurant contribuables), ce n’est pas si surprenant ni inattendu.

Ce qui se passe à l'étranger arrive en France. Un exemple, à Roubaix et Tourcoing où l’État supprime ses subventions aux conservatoires. 

http://www.lavoixdunord.fr/region/l-etat-ne-donnera-plus-un-sou-au-conservatoire-de-tourcoing-ia26b58810n2606018

Mais la tendance est plus générale et touche tous les conservatoires régionaux : 

Les conservatoires au régime sec

Sur la défensive, les conservatoires réagissent par des discours d'intention d'ouverture - mais sans remettre en cause leur modèle. "Il faut que tout change pour que rien ne change"...

Renforcer le rôle de l'école dans l'apprentissage de la musique

Les ambitions de la Mairie de Paris

La lettre de mission confiée par Anne Hidalgo à Bruno Julliard, Premier adjoint chargé de la culture, souligne la nécessité de rendre la musique plus accessible aux enfants :

« Pour la rentrée 2015 ou 2016 au plus tard, je tiens à ce que vous puissiez mettre en œuvre un plan d’éveil musical afin que les enfants scolarisés à Paris bénéficient d’une initiation musicale de qualité, assurée par les Professeurs de la Ville de Paris, les conservatoires et les écoles de musique associatives, tout en permettant à ceux qui le souhaitent de poursuivre une pratique musicale dans un conservatoire ou un centre d’animation en multipliant les passerelles possibles. »


Des annonces qui vont dans le bon sens...

« L’engagement de la Ville en matière d’enseignement artistique sera largement amplifié à la rentrée 2013, puisque les conservatoires mettront en œuvre dans toutes les écoles élémentaires des chorales et des ateliers instrumentaux dans le cadre des nouveaux temps périscolaires (les mardis et vendredis après-midi de 15h à 16h30), ce qui permettra d’offrir une formation musicale de qualité à un nombre beaucoup plus important d’enfants. »

« Nous travaillons à la mise en place d’un plan d’éveil musical destiné aux enfants scolarisés dans la Capitale, afin qu’ils bénéficient d’une initiation de qualité, tout en permettant à ceux qui le souhaitent de poursuivre une pratique musicale dans un conservatoire ou un centre d’animation. »

(Extraits de courriers reçus de M. Bruno Julliard)


Un projet concret : Un piano dans chaque école

Pour contribuer à concrétiser ces orientations, nous avons proposé le projet « Un piano dans chaque école » dans le cadre du budget participatif 2015 de la ville de Paris.  Si ce projet est sélectionné par la Mairie de Paris, il sera soumis au vote des parisiens en septembre 2015.

  • Suivre l'actualité du projet sur Facebook :

  • Télécharger le dossier de présentation :



  • Voir le projet sur la plateforme du budget participatif :
 

 

Avec ce projet, nous soutenons les orientations en faveur d'un apprentissage de la musique ouvert à tous :
  • Renforcer le rôle de l’Ecole dans l’apprentissage de la musique.
  • Profiter de l’aménagement des rythmes éducatifs pour le développer.
  • S'appuyer sur les associations musicales pour accompagner cette mission.