Un élitisme assumé et revendiqué
Les conservatoires ont été créés en 1795 pour former des musiciens professionnels. Malgré l'évolution des attentes, ils continuent à privilégier la formation d'excellence de quelques-uns et à négliger l'apprentissage de la musique ouvert aux enfants.
«
Nous avons tous le souci de maintenir une certaine qualité d’enseignement dont
nous restons les garants envers et contre tout et de marquer ainsi notre refus
de voir l’enseignement artistique français se déliter progressivement au profit
d’une pseudo-démocratisation de cet enseignement ».
(Martine ANDRE - présidente de l'Union Nationale des Directeurs de Conservatoire)
(Martine ANDRE - présidente de l'Union Nationale des Directeurs de Conservatoire)
L'exception culturelle parisienne
Partout en France, les élèves qui souhaitent devenir professionnels sont formés dans les conservatoires régionaux (CRR). A Paris, par dérogation, ces élèves peuvent passer le Diplôme d’Enseignement Musical auprès du CRR tout en suivant leur formation dans les conservatoires municipaux (CMA). Cette situation conduit les CMA à dédier plus de moyens à ces formations diplômantes, plus valorisantes, au détriment des moyens consacrés aux enfants et aux amateurs.
L'école tenue à l'écart
Selon le Conseil économique, social et environnemental régional d’Ile de France (à lire avec concentration !) :
«
Sous la tutelle du ministère de la Culture et de la communication, la France a
développé depuis longtemps un réseau public d’enseignement initial [les conservatoires]
particulièrement dense, parallèlement aux enseignements artistiques relevant de
l’enseignement général dispensé par l’Éducation nationale, au point que l’on
peut se demander si l’existence de ce réseau ne justifie pas la faiblesse
reconnue de la prise en charge des enseignements artistiques par l’École. »
L'institution intouchable...
Commandé par Frédéric Mitterrand, ce rapport dénonce l'élitisme des conservatoires :
« Je pense qu’il faut aujourd’hui passer outre
ces principes discriminatoires car dans le fond, qu’elle soit populaire ou
savante, la musique est un outil de communication universel et égalitaire.
»
Les réactions ulcérées à ce rapport sont
édifiantes (accrochez-vous, c'est du lourd !) :
Faut-il fermer les conservatoires ?
Réduire le financement public des conservatoires, c’est regrettable. Malheureusement, à voir comment ils restent hermétiques aux attentes des citoyens (au demeurant contribuables), ce n’est pas si surprenant ni inattendu.
Ce qui se passe à l'étranger arrive en France. Un exemple, à Roubaix et Tourcoing où l’État supprime ses subventions aux conservatoires.
Mais la tendance est plus générale et touche tous les conservatoires régionaux :
Les conservatoires au régime sec
Sur la défensive, les conservatoires réagissent par des discours d'intention d'ouverture - mais sans remettre en cause leur modèle. "Il faut que tout change pour que rien ne change"...
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